Pourquoi “devenir influenceur” n’est pas un objectif (et ce qu’il faut viser à la place)

Feb 4 / 19h09
Beaucoup de créateurs disent qu'ils veulent "devenir influenceur". C'est une formulation qu'on entend partout, qui semble évidente, mais qui pose un problème de fond. Elle ne décrit pas un projet, elle décrit un espoir de reconnaissance. Et cette confusion empêche toute structuration réelle.
Un objectif, c'est quelque chose qu'on peut piloter. On peut décider de créer trois vidéos par semaine, de clarifier son positionnement, de démarcher cinq marques cohérentes avec son univers. Ce sont des actions, des décisions, des arbitrages concrets.
"Influenceur", en revanche, c'est un statut perçu. On ne décide pas de le devenir, on l'est quand les autres nous voient comme tel. C'est une conséquence, pas un point de départ. Vouloir être influenceur sans avoir défini ce qu'on construit réellement, c'est comme vouloir être reconnu sans savoir pour quoi.

Ce que ça provoque concrètement

Quand on se fixe "devenir influenceur" comme objectif, on se met à fonctionner par imitation et par dispersion. On teste tout ce qui semble marcher ailleurs. On copie les formats, les codes, les timings. On publie beaucoup, sans toujours savoir pourquoi, en espérant que quelque chose prenne.

Le problème n'est pas la charge de travail : c'est l'absence de direction. On s'active, on produit, on poste, mais sans cadre clair, on ne construit rien de lisible. Et à force, on finit par dépendre entièrement de l'algorithme, du timing, de la chance. Chaque contenu devient un pari, jamais une continuité.
Cette incertitude permanente fatigue plus que n'importe quel volume de production. Parce qu'au fond, on ne sait pas vraiment ce qu'on fait, ni pourquoi on le fait. On a juste l'impression d'être en mouvement, sans savoir dans quelle direction.

Ce que regardent les marques

(et ce n'est pas ce qu'on croit)

Les marques ne cherchent pas "des influenceurs" dans l'absolu.

Elles cherchent :

  • des profils lisibles
  • avec une audience identifiable
  • un message cohérent
  • et une capacité à collaborer sans friction
Elles veulent comprendre rapidement qui vous êtes, ce que vous faites, à qui vous vous adressez, et pourquoi travailler avec vous aurait du sens.
Un créateur qui a 50 000 abonnés mais dont on ne comprend pas le positionnement sera moins sollicité qu'un créateur à 10 000 abonnés, mais dont l'activité est claire et cohérente.
La collaboration est un acte professionnel, pas une récompense accordée à celui qui a le plus de visibilité.
Ce que les marques cherchent, ce n'est pas quelqu'un d'influent. C'est quelqu'un avec qui elles peuvent construire quelque chose de compréhensible et de durable.

Ce qu'il faut viser à la place

Au lieu de vouloir "devenir influenceur", il vaut mieux construire une activité d'influence claire. Une activité, c'est quelque chose qu'on peut expliquer, présenter, améliorer. C'est un positionnement, une intention, des choix assumés, une continuité dans le temps.Ça veut dire se poser trois questions structurantes :

Ça veut dire se poser trois questions structurantes :

Ma place sur le marché

Qu'est-ce que je fais concrètement, au-delà de poster ?
Quel rôle j'occupe, quelle valeur j'apporte, quelle contribution je propose ?

Mon audience

À qui est-ce que je m'adresse, précisément ?
Pas "tout le monde", pas "les gens qui aiment ce que je fais", mais qui, vraiment ?

Ma valeur sur le marché

Pourquoi une marque aurait intérêt à travailler avec moi ?
Pas parce que j'ai des abonnés, mais pour quoi exactement ?
Qu'est-ce que je rends possible, qu'est-ce que je facilite, qu'est-ce que je clarifie ?
Ces questions ne donnent pas de réponse immédiate. Mais elles ouvrent un cadre. Elles permettent de passer d'un fonctionnement par espoir à un fonctionnement par construction.

Ça se construit, dans la durée

L'influence, quand elle est réelle, se construit dans la continuité. Ce n'est pas un statut qu'on décroche, c'est une cohérence qu'on installe progressivement. La reconnaissance vient après, pas avant. Vouloir le statut trop tôt empêche justement de mettre en place ce qui permettrait de l'obtenir.

Ce qui semble lent au début est souvent ce qui tient le mieux. Parce que c'est construit sur des bases claires, pas sur de l'opportunisme ou de l'intuition.

Trois questions à garder sous la main

Si vous voulez avancer concrètement, voici trois questions à vous poser régulièrement, pour clarifier progressivement ce que vous construisez :

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Ce cadre, on l'enseigne

C'est exactement ce qu'on travaille dans notre formation 19h09 : structurer une activité d'influence lisible, cohérente, et professionnelle.

Pas pour transformer tout le monde en influenceur, mais pour donner les outils qui permettent de construire quelque chose de solide dans la durée.

Le problème n'est jamais le talent. C'est le cadre, et ça, ça se travaille.

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